Ce week-end a vu la parution de différents sondages... pour le moins contradictoires.
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La lutte fait rage pour le second tour entre Sarko et Ségo (55/45 selon le dernier sondage) alors que, étrangement, 79% des français, estiment que l'élection présidentielle n'est pas encore jouée (JDD d'hier).
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François Bayrou recueille 12 à 14% des intentions de vote, mais bizarrement 55% des français souhaiteraient le voir qualifié pour le second tour (autre sondage paru hier).
Comment interpréter de telles incohérences entre les chiffres ?
D'abord en rappelant que près de 20% des personnes interrogées sur leurs intentions de vote se déclarent encore « sans opinion ». Le phénomène n'est pas nouveau en France, mais il convient de ne pas négliger cet important réservoir de votes pour ce qu'il peut faire basculer l'élection présidentielle. Souvenons-nous de la victoire annoncée de Jospin en 2002. Douloureux souvenir auquel il convient d'associer un second traumatisme électoral, la victoire du « non » au dernier référendum sur la constitution européenne. Qu'en retenir ? D'abord que le « oui » était soutenu par les partis dominants. Ensuite qu'il était censé annoncé gagnant jusqu'à un mois des élections. On connait la suite.
Le dégoût des français pour la classe politique actuelle et ses deux partis dominants est tel que, dès qu'on leur donne l'occasion de voter utile « contre », ils en saisissent l'opportunité. Ce que n'ont pas compris les hommes politiques qui nous gouvernent depuis 30 ans, c'est que la rupture avec le peuple est consommée. Nous ne croyons plus en eux, nous ne leur faisons plus confiance. « Tous pareils, tous pourris ». C'est tout juste si les conversations politiques sont encore tolérées à table. A quoi bon s'engueuler puisque, de toute manière, le résultat sera le même ? A quoi bon aller voter puisque rien ne changera ? D'où le taux d'abstention en forte augmentation. Sauf que le dernier référendum a vu les français revenir aux urnes. Certains y ont vu un réel engouement pour le débat européen. Il est vrai que le débat a fait rage... pour s'arrêter aussitôt le résultat connu. Personne n'ose encore se l'avouer, mais la victoire du « non » n'était rien d'autre qu'un immense « merde » adressé à la classe politique dirigeante. Plus marqué que lors des présidentielles pour ce que soutenir la position d'hommes et de partis aussi variés était moins salissant que de voter aux extrêmes en 2002. Tous ceux qui ont voté pour des candidats de l'extrême-gauche, sans partager leurs idées, en ressentent d'ailleurs encore aujourd'hui une profonde culpabilité. Une culpabilité telle qu'ils sont aujourd'hui prêts à tout pour ne pas que la situation se répète. Autrement dit, prêts à voter Ségolène les yeux fermés sans connaître son programme... même s'ils sont sûrs que Sarkozy l'emportera contre elle au second tour.
Depuis quelques mois, la situation a pourtant bien évolué. Non seulement Ségolène se révèle être une très mauvaise candidate, mais Bayrou a su garder son cap et apparaît aujourd'hui comme l'homme « providentiel ». Il est celui qui va permettre aux électeurs de dire « merde » à la classe politique... mais de façon constructive. Et plus la baudruche Ségolène se dégonflera (ce qui me semble inévitable compte tenu du "vide" de son programme) et plus Bayrou apparaîtra comme le seul rempart contre Sarkozy (qui fait réellement peur à beaucoup de français).
Et si la prochaine élection présidentielle s'inscrivait dans la continuité des deux dernières grandes élections nationales ?
Etrangement, aucun journaliste n'a encore osé développer cette hypothèse...
Du traumatisme de 2002, il ressortira un recours au vote utile dès le premier tour et une baisse du score des petits candidats.
Du traumatisme de 2005, il ressortira le rassemblement autour du candidat qui incarnera le mieux le « non » au système établi (avec effet exponentiel au cours des dernières semaines précédant l'élection).
L'élection de 2007 devrait donc très logiquement voir la défaite des deux partis dominants. Autrement dit, si la victoire de François Bayrou n'est pas acquise à ce jour, tous les indicateurs me laissent penser, hors esprit partisan, qu'il est désormais le mieux placé pour l'obtenir.
Reste juste à convaincre quelques millions d'électeurs.
Et comme ça me m'embêterait vraiment d'avoir tort dans mon analyse, je me vois dans l'obligation d'adhérer à l'UDF.




